La galaxie de l’autoformation
L’individu se trouve face à des évolutions rapides provoquant désorientation, incertitudes, mal etre, refus ou acceptation résignée, ceci dans la plupart des catégories et des espaces de la société.
L’injonction libérale à etre un individu, à développer un espace d’autonomie contribue au trouble généralisé. Mais cette autonomie est à la fois une injonction et un besoin de chacun qui ne signifie pas pour autant isolement et repli sur soi.
1. L’autoformation au cœur du contemporain
Sur ce besoin d’autonomie s’enracinent les désirs d’autoformation, dont on voit le reflet jusque dans l’école ou le très important secteur de la formation des adultes.
Un décalage s’aggrave entre les progrès de la production scientifique et culturelle en général et ce que les individus peuvent en percevoir et recevoir.
Les savoirs délivrés par les formations initiales sont rapidement périmés sans que soit véritablement donnée la possibilité de bénéficier d’une éducation permanente permettant de se maintenir à niveau durant toute la durée de l’existence.
L’autoformation est un phénomène de plus en plus massif, qui s’insinue dans tous les secteurs d’activité de la société.G. Pineau va jusqu’à penser que cette autoformation atteint une masse critique sur les plans quantitatif et idéologique.
1. Lacunes de la scolarité et autoformation
L’école ne serait plus le seul lieu d’apprentissage, les organisations deviendraient elles aussi « apprenantes » à divers degrés, et la vie de chaque jour est à son tour un espace où l’expérience confrontée à la modernité peut avoir des vertus en terme d’autoformation.
L’apprentissage permanent est devenu incontournable et tous les domaines et toutes les étapes de l’existence de l’individu sont perçues comme potentiellement formatrices.
Nous sommes dans une conception «continue » de l’apprentissage et de la perfectibilité de chacun, de la jeunesse à l’age adulte, durant l’école mais également durant le temps de travail et celui des loisirs. L’espace de la vie dans son entier est alors pris en considération, dans ses aspects individuels et sociaux, que la personne soit seule ou en groupe.
L’autoformation est une notion multiforme.
L’éducation nationale dans les années 80 va elle aussi dans le sens de l’autoformation et de l’autonomisation de l’élève par l’extension des ressources et des centres de documentation dans le cycle secondaire.
L’idée de contribuer à une meilleure appréhension et de favoriser les facultés auto apprenantes tout au long de la vie fait son chemin, à l’école comme ailleurs.
Une autoformation multiforme
Le terme générique « autoformation » veut rendre compte de formations, d’actes auto-apprenants qui sont, soit totalement soit pour une partie importante, réalisé par « soi même » ceci pour bien différencier l’autoformation de l’hétéroformation.
L’autoformation ne réfère pas à une didactique frontalement transmissive, dont elle semble d’ailleurs contester en filigrane le bien fondé.
L’autoformation modifie et inverse le sens de l’apprentissage, qui cette fois part de la personne se formant et va vers le savoir.
L’autodidaxie : il s’agit d’assumer par soi-même l’ensemble des fonctions d’enseignement. Cette conception renvoie à la fois au courant historique de l’autodidaxie ouvrière du XIX et aux approches plus récentes de l’autoformation en milieu « naturel », familial, professionnel ou associatif.
Ce sont des pratiques d’apprentissages intégralement indépendantes du milieu éducatif formel. Le critère distinctif de l’autodidaxie vis-à-vis d’autres formes d’autoformation est sa franche séparation d’avec tout système éducatif.
L’autodidaxie est « un auto-apprentissage volontaire s’effectuant hors de tout cadre hétéroformatif organisé, en ayant éventuellement et ponctuellement recours à une personne ressource. »
L’autoformation existentielle : « un processus de formation de soi par soi » (Pineau) caractérisé par l’appropriation par le vivant de son pouvoir de formation. Elle se situe essentiellement sur le registre de l’apprendre à être, dans le champs du savoir être, voire du savoir devenir.. Il s’agit de cette autoformation intime, qui s’exprime sous la forme de la réflexivité interne du sujet confronté à ses expériences de vie.
L’autoformation existentielle embrasse toutes les périodes de la vie du sujet, en tous lieux et toutes circonstances.
L’autoformation sociale (ou participative) : renvoie aux nombreuses formes d’apprentissage que les sujets réalisent par eux-mêmes à l’extérieur des systèmes éducatifs, mais en participant à des groupes sociaux et bénéficiant ainsi de multiples médiations et interrelations.C’est un type d’autoformation très intégré aux divers milieux sociaux pendant le temps de travail ou le temps des loisirs, très intégré également à l’engagement des acteurs dans la Cité, dans la vie citoyenne.L’autoformation est ici participative, dépendante du tissu associatif (réseau échange de savoirs, centres d’études suédois, universités interages, univ.pop.). Elle se rencontre également dans les entreprises se réclamant de nouvelles formes d’organisation, « organisations apprenantes » ou « qualifiantes », ce qu’on appelle aussi « dans et par les situations de travail »
L’autoformation sociale se distingue de l’autodidaxie et de l’autoformation existentielle par le fait que si elle ne s’inscrit toujours pas dans un dispositif éducatif, elle n’est pas à proprement parler individuelle et indépendante, elle est souvent semi organisée et se développe à la faveur du groupe (associations, entreprises).
Les dimensions collectives et coopératives y sont très fortes, les rapports sociaux omniprésents.
L’autoformation éducative : prend en compte les diverses pratiques pédagogiques qui se donnent pour objectif de créer les conditions pour que les démarches autonomes d’apprentissages se développent dans un contexte de facilitation.
L’autoformation recherchée est alors vue comme au moins complémentaire d’autres modes pédagogique.
L’autoformation éducative s’inscrit dans des dispositifs « ouvert » dans lesquels l’enseignant est un facilitateur, un accompagnateur de la démarche autonome de l’élève, qui, de passif devient délibérément actif et pleinement acteur de sa formation. ( les APPP, centres de ressources, )
L’autoformation cognitive : Les sciences cognitives s’intéressent aux processus internes au sujet lorsque a lieu un apprentissage autonome.
L’autodirection est un processus mental intentionnel dirigé par la personne elle même, généralement accompagné et appuyé par des comportements d’identification et de recherche d’information.(learning project, apprentissage autodirigé, « l’apprendre à apprendre » qui peut permettre de mieux développer l’autonomie des apprentissages)