La dimension expérientielle de l’autoformation

La dimension expérientielle de l’autoformation  (cours Verrier M1 2005)

1 le rôle autoformatif de l’expérience réfléchie

l’ expérience fortuite. « Ce n’est qu’à postériori qu’il nous sera donné d’effectuer une ressaisie de l’événement, de le rationnaliser, de le comprendre et de mieux entrevoir par la meme occasion ce qu’il a pu produire en nous d’éléments nouveaux, identitaires ou praxéologique »

l’expérience provoquée
. L’expérience est recherchée, imaginée, organisée, réalisée. On peut parlerd’expérimentation de soi. Pour P. Kahn (1995) il ressort du débat entre théorie et expérience que « c’est  finalement la théorie en amont qui va « rationnaliser » et donner sa puissance à l’expérience. L’induction, accumulation de faits observés débouchant sur la théorie, fait partie du processus. Dans une perspective d’ »expérientialité » de la formation, on pourrait supposer que celle-ci est dans u n premier temps de type cumulatif et inductif, lee sujet en tirant ensuite ce que nous appellerons une théorie de lui-meme, relative à sa façon d’etre et d’agir.

2 Le rôle Autoformatif de l’expérience non réfléchie.

Une formation expérientielle « est une formation par contact direct avec une situation de vie, mais réfléchie (…). Autrement dit, se former par l’expérience c’est ; travailler la symbolisation de l’expérience par la mise en mots et la formalisation. (Courtois, 1995, p.33). C’est donc la réflexivité qui dégarera les enseignements de l’expérience. Mais Quel degré de réflexion faut il pour que l’expérience soit formative ?

La reflexion et la non reflexion.
On ne peut nier à l’expérience non réfléchie un pouvoir potentiellement formateur. Pour mieux cerner cette possibilité formatrice on peut penser l’acte de réflexion sur le mode de la triade freudienne conscient/pré-conscient/inconscient. Il y aurait alors une réflexivité/pré-réflexivité/non-réflexivité :
La pré-réflexivité serait le stade d’un début d’organisation réflexive, mais elle resterait inachevée, inaboutie.
La réflexivité serait le stade de la direction volontaire et finalisée de la réflexion, et c’est elle qui serait fortement en jeu lors des expérimentations de soi, avec le retour sur l’expérience. C’est une réflexion volontaire, à postériori, sur l’expérience. Elle est toujours plus ou moins reconstituable, on peut saisir la façon dont au final la réflexion aura joué un rôle formateur ; les résultat de la délibération intellectuelle se traduisant en modification du comportement, de l’identité.

L’expérience non réfléchie.
Elle est tout de meme incorporée et peut en certaines circonstances rejaillir et etre active sur les plans du comportement et de l’esprit. Il en est ainsi du proprioceptif, de l’action réflexe également

L’incorporation des apports de l’expérience non réfléchie.
Il nous arrive parfois de réagir instinctivement , ce qui est spontanément mobilisé à ces moments est ce qui est caché en nous d’expérience non réfléchie, disponible, actualisable.
Pour qu’il y ait cristallisation des expériences héthérogènes et non réfléchies, il faut des transitions existentielles jouant le rôle de catalyseur arrivant ni trop tot ,i trop tard, transitions qui peuvent en fonction des événements se ralentir ou s’accélerer dans leur processus.

Expérience non réfléchie et intuittion.

Si l’expérience non réfléchie s’est insinué en nous sans réflexion délibérée, peut etre qu’il ne peut en etre autrement, l’expérience pouvant relever de l’impensable parce que dépassant l’entendement, mais impensable aussi de par sa complexité interne.
L’intuition serait elle en partie constituée de cette accumulation expérientielle non réfléchie ?
Cette accumulation non réfléchie, donc nous échappant, resurgirait en une manifestation d’intuition, qui fait parfois mieux penser, mieux agir, mieux deviner que la réflexion classique.

Une réserve de connaissances
La réserve de connaissances disponible n’est pas immuablement identique àà ce qu’elle est, mais est constamment en prise avec un flux continuel d’expériences qui en modifie la configuration. Pareillement, l’ensemble des expériences non réfléchies a une histoire évolutive, il est aussi fait d’une temporalité qui le façonne au fil de la vie du sujet.

Ce qu’il est possible d’appeler l’autoformation expérientielle non réfléchie aurait constamment affaire avec la vie quotidienne, pourvoyeuse d’expériences innombrables, uniques ou répétitives. A coté de la réflexivité il est possible qu’une partie de ce que la personne développe d’autoformation sur le registre existencciel soit d’origine expérientielle non réfléchie et repose sur sa réserve d’exfpériences qui ne seraient pas exploitées mais deviendraient pourtant actives phénoménologiquement lorsque les conditions sont réunies pour que cette activité advienne.

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